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Mareyon Faire regarder mon etal
Faire regarder mon etal

Guide de référence

L’affichage obligatoire au rayon marée, mention par mention

Sept mentions par espèce, vingt à quarante bacs, une équipe qui change et un montage qui commence à 5 heures: l’affichage d’un rayon marée traditionnel se joue en trois heures, sans personne pour relire. Ce guide reprend chaque mention exigée par le règlement 1379/2013, la façon de la composer à partir du document du mareyeur, et la manière d’en garder une preuve le jour où un contrôle se présente.

  • Mis a jour le
  • 9 minutes de lecture
  • Jimenez Julien

Les sept mentions qu’un bac doit porter avant l’ouverture

Un produit de la pêche exposé à l’étal ne se vend pas sous son nom d’usage. Le règlement (UE) 1379/2013 impose, pour chaque lot présenté au consommateur, la dénomination commerciale de l’espèce et son nom scientifique, la méthode de production, la zone de capture avec la sous zone pour l’Atlantique Nord Est, la catégorie d’engin de pêche et la mention de décongélation. En aquaculture s’ajoute le pays d’élevage. Cela fait sept lignes à écrire juste, par bac, tous les matins, sur un rayon qui en aligne vingt à quarante.

Ces sept mentions ne sont pas une formalité de fin de montage. Elles font partie du produit: le contrôleur les lit dans l’ordre, les compare à ce que porte le document du mareyeur, et ne juge pas votre bonne volonté mais la cohérence entre ce qui est écrit sur l’ardoise et ce qui est arrivé dans la caisse de polystyrène. Une mention absente suffit à fonder un relevé. Une mention fausse sur la dénomination ou sur l’origine ne relève plus de l’étiquetage mais de la pratique commerciale trompeuse, avec un tout autre dossier.

Ce que chaque bac doit afficher

  • La dénomination commerciale autorisée, telle qu’elle figure dans l’arrêté
  • Le nom scientifique de l’espèce, écrit en entier
  • La méthode de production: pêche en mer, en eaux douces, ou élevage
  • La zone de capture, avec la sous zone en Atlantique Nord Est
  • La catégorie d’engin de pêche, parmi les sept de l’annexe III
  • La mention produit décongelé, et le pays d’élevage en aquaculture

La dénomination commerciale, le piège qui coûte le plus cher

En France, un poisson ne peut être vendu que sous un nom qui figure sur la liste des dénominations commerciales autorisées, fixée par arrêté et révisée régulièrement. Ce n’est pas une recommandation, la liste ferme la porte. Le nom d’usage du bassin, la dénomination maison héritée du prédécesseur, la formule qui fait vendre parce qu’elle évoque la ligne ou la petite pêche: rien de tout cela ne tient si le nom exact ne figure pas au texte, avec le nom scientifique qui lui correspond.

Le cas d’école reste le bar. Un bar d’élevage arrivé de Grèce présenté comme bar de ligne ne relève plus de l’étiquetage incomplet, c’est une information fausse sur la méthode de production et sur l’engin, donc le terrain de la pratique commerciale trompeuse. L’écailler remplaçant qui l’écrit ne cherche à tromper personne, il reproduit ce qu’il a vu faire ailleurs. C’est exactement pour cela que la vérification doit vivre dans l’outil qui compose l’étiquette, et non dans la mémoire de la personne présente ce matin là.

La zone de capture et la sous zone, celle qui disparaît sous la craie

Pour les produits pêchés en mer dans l’Atlantique Nord Est, la zone 27 ne suffit pas, il faut la sous zone: 27.7.e, 27.8.a pour le nord du golfe de Gascogne, et ainsi de suite selon le lot. C’est la mention la plus fragile de l’étal, parce qu’elle est faite de chiffres et de points, qu’elle se recopie mal à la craie sur une ardoise mouillée, et que personne dans l’équipe ne la retient de tête d’un arrivage à l’autre.

Deux erreurs reviennent en contrôle. La première est l’omission pure: la zone est écrite, la sous zone manque, le relevé est fondé. La seconde est plus insidieuse, la sous zone recopiée d’un bac à l’autre parce que les deux caisses sont arrivées le même matin, alors que le document du mareyeur porte deux origines différentes. La parade tient en une règle simple: la sous zone se lit sur le document d’accompagnement du lot concerné, jamais sur l’ardoise voisine.

L’engin de pêche, la mention la plus souvent absente de l’étal

L’engin de pêche est la mention qui manque le plus souvent sur les étals français, juste devant la sous zone. Elle tient en trois mots et se choisit parmi les sept catégories de l’annexe III du règlement. Son absence suffit à fonder un relevé, au même titre qu’une dénomination fausse, et elle ne se rattrape pas après coup: une fois la caisse de polystyrène jetée et le document classé, l’information n’est plus disponible dans le rayon.

Elle est aussi un bon test de cohérence. Certaines combinaisons sont impossibles, comme une drague associée à un thon. Quand le document du mareyeur porte un engin incompatible avec l’espèce livrée, c’est en général une erreur de saisie en amont, chez le fournisseur ou à la criée. Repérée pendant le montage, elle se règle par un appel avant l’ouverture. Repérée par un contrôleur devant le bac, elle devient votre problème, pas celui du mareyeur.

Décongelé, aquaculture, taille minimale: les mentions conditionnelles

Trois points ne s’appliquent pas à tous les lots, et c’est précisément pour cela qu’on les oublie. La mention produit décongelé est due dès qu’un produit entré congelé ressort en présentation fraîche, filets compris. Le pays d’élevage accompagne toute référence d’aquaculture, en plus de la méthode de production. Enfin la taille minimale de capture n’est pas une mention à afficher mais une interdiction de vendre: une sole de 22 centimètres n’a rien à faire sur la glace quand le minimum est de 24.

Ces trois points partagent le même défaut. Ils dépendent d’une information qui n’est pas visible sur le poisson posé devant vous. Personne ne devine à l’oeil qu’un filet a été décongelé la veille, ni qu’un bar sort d’un bassin plutôt que d’une ligne. Ils se tiennent donc à la saisie de l’arrivage, au moment où la caisse et son document sont encore ensemble, et pas une heure plus tard devant le bac, quand l’ardoise s’écrit de mémoire.

Les vérifications conditionnelles à ne pas sauter

  • Tout lot entré congelé et présenté frais porte la mention produit décongelé
  • Toute référence d’aquaculture porte le pays d’élevage en plus de la méthode
  • Les pièces proches du minimum de capture sont mesurées, pas estimées
  • Les espèces sous quota ou interdites à la vente sont écartées avant le montage
  • La mention décongelé ne se retire jamais sans une justification enregistrée

Ce qui se joue entre 5 heures et l’ouverture

Le rayon est monté à 5 heures par deux ou trois personnes qui ne sont pas toujours les mêmes d’une semaine sur l’autre. Il faut sortir les caisses, casser la glace, ranger les espèces par famille, tenir le froid, et composer pour chaque bac une étiquette juridiquement exacte. Aucune de ces personnes n’est juriste, aucune n’a la liste des dénominations autorisées sous les yeux, et la relecture, quand elle existe, se fait à l’oeil par quelqu’un qui vient de monter l’étal et ne voit plus ses propres erreurs.

Le vrai problème est ailleurs: cette connaissance ne figure nulle part dans le magasin. Elle est dans la tête du chef de rayon, et elle part avec lui. Le jour où il change d’enseigne, le rayon perd en une semaine ce qu’il a mis dix ans à apprendre. Un affichage qui tient dans le temps est donc d’abord un affichage qui ne dépend pas d’une personne: un référentiel écrit, une saisie guidée, une fiche punaisée dans le laboratoire et une relecture à deux inscrite dans la procédure d’ouverture.

Du document du mareyeur à l’étiquette piquée

Le document d’accompagnement du mareyeur, ou la note de vente en criée, porte déjà la moitié des mentions de l’étal: l’espèce, la zone, souvent la sous zone et l’engin. Le recopier à la main est à la fois une perte de temps et la première source d’erreur, parce qu’une recopie de chiffres à 5 heures du matin introduit toujours des fautes. La bonne méthode consiste à lire ces mentions une fois, à les rattacher au lot, puis à ne corriger que ce qui diffère réellement.

Ce détour par le document ouvre une seconde possibilité, souvent négligée: le contrôle amont. Si le fournisseur a porté une zone incohérente avec l’espèce livrée, ou un engin impossible, l’écart apparaît pendant le montage. Vous appelez la criée dans la matinée, vous obtenez la correction, et vous gardez la trace de l’alerte et de la réponse obtenue. Ce jeu de traces vaut mieux qu’une déclaration de bonne foi le jour où un contrôleur remonte la chaîne jusqu’au lot.

Les combinaisons qui doivent bloquer l’impression

  • Une dénomination commerciale absente de l’arrêté pour cette espèce
  • Une zone de capture sans sa sous zone en Atlantique Nord Est
  • Un engin de pêche incompatible avec l’espèce du lot
  • Une pièce sous la taille minimale de capture
  • Un lot décongelé sans la mention, ou un lot d’élevage sans pays

Deux gabarits pour un seul contenu validé

Un étal traditionnel mélange deux supports, et c’est très bien ainsi. L’étiquette piquée, imprimée, tient les mentions longues sans risque de bavure et supporte l’eau. L’ardoise manuscrite fait partie de l’identité du rayon et le client la lit volontiers. L’erreur consiste à croire qu’elles obéissent à des règles différentes: les sept mentions sont dues sur les deux, dans une hauteur de caractères qui rende l’information lisible depuis l’allée, avec le prix affiché à l’unité de mesure.

La solution pratique tient en une phrase: un seul contenu validé, deux mises en forme. On compose et on vérifie une fois, puis on sort l’étiquette au format de l’imprimante déjà installée dans le rayon, et un modèle en trame légère à recopier à la craie pour les bacs qui gardent l’ardoise. Le rayon conserve son écriture manuscrite sans en payer le prix réglementaire, et personne ne réinvente le texte devant le bac, chiffon à la main.

La preuve d’affichage, ce qui manque au magasin de bonne foi

Voici le cas le plus fréquent, et le plus injuste: l’étal était conforme le matin, mais rien ne permet de le démontrer. Les ardoises ont été effacées à la fermeture, les étiquettes sont parties avec la glace, et il reste des bons de livraison en réserve et la mémoire de l’équipe. Reconstituer un matin passé prend alors une à deux heures par lot, mobilise le chef de rayon puis l’encadrement, et laisse un doute qui profite rarement au magasin.

Une photographie de l’étal prise à l’ouverture, datée, horodatée, scellée et classée par jour, par rayon et par poste de vente, change la nature de la conversation. Elle n’a pas de valeur légale automatique, aucun document privé n’en a. Elle constitue un élément de bonne foi: elle montre ce qui était affiché, à quelle heure, et se relie à la liste des lots saisis ce matin là. C’est cette cohérence entre arrivage, étiquette et photo qui pèse dans un dossier.

Ce que regarde un contrôle, et comment un rayon s’y prépare

Un contrôle à l’étal ne commence jamais par les papiers. Le contrôleur regarde d’abord les espèces sensibles: le bar, le cabillaud, le saumon, la crevette, la noix de Saint Jacques. Il compare la dénomination affichée à la liste autorisée, puis il demande la zone, puis l’engin. La mention décongelé arrive en quatrième position, et c’est souvent là que le dossier bascule. L’évaluation se fait produit par produit, bac par bac, jamais rayon par rayon.

S’y préparer ne consiste pas à réviser la veille. Cela consiste à installer trois habitudes: une saisie qui refuse la combinaison interdite avant l’impression, une preuve archivée chaque matin sans y penser, et un point mensuel qui montre où l’erreur revient, sur quelles espèces et quels jours. Un professionnel qui présente immédiatement ses fiches d’arrivage et une photo datée change le ton de la visite: on passe d’une recherche de manquement à une vérification de cohérence.

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Comparatifs

Questions frequentes

Le nom scientifique doit-il figurer sur l’étiquette de chaque bac ?
Oui. Le règlement 1379/2013 impose la dénomination commerciale de l’espèce et son nom scientifique, ensemble. Le nom scientifique n’est pas un ornement, c’est lui qui lève l’ambiguïté entre deux espèces vendues sous des noms voisins. Il s’écrit en entier, genre et espèce, par exemple Dicentrarchus labrax pour le bar. Sur une ardoise, il se place sous la dénomination, en caractères plus petits mais encore lisibles depuis l’allée.
La zone de capture suffit-elle, ou faut-il détailler la sous zone ?
Pour l’Atlantique Nord Est, la sous zone est due. Écrire la zone 27 seule laisse le relevé possible. Il faut préciser 27.7.e, 27.8.a ou la sous zone effective du lot, telle qu’elle est portée sur le document d’accompagnement du mareyeur. La règle est simple: la sous zone se lit sur le document du lot concerné, jamais sur le bac voisin, même si les deux caisses sont arrivées le même matin.
L’ardoise manuscrite reste-t-elle autorisée au rayon marée ?
Oui, le support est libre. Ce sont les mentions qui sont obligatoires, pas leur mise en forme. Une ardoise écrite à la craie est parfaitement recevable si elle porte les sept mentions, dans une taille de caractères lisible depuis l’allée, et si la craie n’a pas bavé sur la sous zone en cours de matinée. Le risque de l’ardoise n’est pas juridique, il est pratique: elle s’efface, et votre preuve avec elle.
Quand la mention produit décongelé devient-elle obligatoire ?
Dès qu’un produit entré congelé est présenté au consommateur en état frais, filets et pièces préparées compris. Elle ne dépend ni de la durée de congélation ni de l’identité du fournisseur. En pratique, elle se décide à la réception, quand la caisse et son document sont encore ensemble, et pas une heure plus tard devant le bac. Retirer cette mention parce qu’un client la trouve dissuasive expose le magasin bien au delà de l’étiquetage.
Comment prouver ce qui était réellement affiché le matin d’un contrôle ?
En archivant chaque matin une photographie horodatée de chaque poste de vente, reliée à la liste des lots saisis le jour même. Aucun document privé n’a de valeur légale automatique, mais cet ensemble montre l’heure, le contenu affiché et la cohérence avec l’arrivage. Conservé plusieurs années et retrouvable en quelques secondes sur une date donnée, il remplace la reconstitution à partir de bons de livraison et de souvenirs d’équipe.

Les ressources gratuites de l’étal marée

Rien ici ne remplace un regard sur votre propre étal. Envoyez deux photographies de votre montage d’hier matin et la liste des espèces que vous exposez habituellement: la démonstration de Mareyon se fait sur votre arrivage, avec vos mareyeurs et vos formats d’étiquettes.