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Composer les étiquettes d’étal à partir du document du mareyeur
Le document d’accompagnement du mareyeur porte déjà la moitié des mentions que votre étal doit afficher. Encore faut il les lire dans le bon ordre, les vérifier contre la liste des dénominations commerciales autorisées et les reporter sans perdre une sous zone en route. Voici la marche à suivre, arrivage après arrivage.
Vous avez les caisses d’arrivage, les papiers du mareyeur et la vitre à remplir. L’étiquette d’étal ne crée rien: elle reprend vos documents, dans l’ordre lisible par le client et contrôlé par la DGCCRF. Objectif: aucune mention manquante, aucune sous zone perdue, aucune dénomination non autorisée.
Procédez ainsi: lisez les documents, vérifiez la dénomination commerciale autorisée, traduisez la zone FAO, écrivez ou imprimez, relisez et constituez la preuve d’affichage. Les informations au consommateur proviennent du règlement (UE) n° 1379/2013, articles 35 à 39; le contrôle et la traçabilité du règlement (CE) n° 1224/2009. La méthode ci-dessous évite les erreurs génératrices de procès-verbal.
Ce que vous avez sur le plan de travail avant d’écrire la première ligne
Avant toute étiquette, cadrez vos sources traçabilité. Chaque papier sert un angle différent; leur croisement donne la vue espèce par espèce, lot par lot.
Le document d’accompagnement du mareyeur
Base de travail: par lot, il indique dénomination déclarée, nom scientifique, méthode de production, zone FAO (souvent avec sous zone ou division), catégorie d’engin, numéro de lot et présentation. Il fournit le nom scientifique de référence pour contrôler la dénomination commerciale autorisée et pour traduire la zone FAO en libellé lisible.
La note de vente de criée et le bon de livraison
Selon vos circuits, vous avez une note de criée (espèce, navire, date de débarquement, taille commerciale, zone déclarée) et un bon de livraison (quantités livrées rattachées au lot). Ils sécurisent dates et origines, sans se substituer à la vérification de la dénomination commerciale autorisée à partir du nom scientifique.
L’étiquette de caisse et le numéro de lot
Les caisses portent souvent une étiquette avec code-barres, référence fournisseur et numéro de lot, parfois zone FAO codée et méthode de production. Elle relie physiquement la marchandise à la ligne du document d’accompagnement du mareyeur. L’étiquette d’étal reste rattachée à ce lot: sans ce lien, vous ne pourrez pas justifier a posteriori l’affichage pour l’espèce concernée.
Les mentions à porter, dans l’ordre de lecture du client
Le règlement (UE) n° 1379/2013, articles 35 à 39, impose: dénomination commerciale et nom scientifique, méthode de production, zone de capture ou pays d’élevage, catégorie d’engin pour les captures, et « Décongelé » si applicable. Le prix, contrôlé par la DGCCRF, doit être non équivoque et rattaché à l’espèce exposée.
Dénomination commerciale autorisée et nom scientifique
Première ligne: la dénomination commerciale autorisée en France, puis le nom scientifique en italique ou entre parenthèses. Source: document d’accompagnement du mareyeur, à vérifier contre la liste française. Exemple: « Lieu noir (Pollachius virens) ». Écartez tout nom régional non listé. Le contrôle vérifie la correspondance exacte entre les deux.
Méthode de production, zone de capture avec sa sous zone ou pays d’élevage
Ligne suivante: « Pêché » ou « Elevé », puis la zone de capture avec sa sous zone pour la 27, ou le pays d’élevage pour l’aquaculture. Source: document d’accompagnement du mareyeur. Écriture lisible: « Pêché, Atlantique Nord Est, division VIIIa » plutôt que « FAO 27.8.a ». N’affichez pas « Atlantique Nord Est » seul quand la sous zone est exigée.
Engin de pêche, mention produit décongelé et prix
Ajoutez la catégorie d’engin prévue par le 1379/2013: lignes et hameçons, filets maillants, chaluts, sennes, casiers, dragues, etc. Inscrivez « Décongelé » de manière visible si le produit a été décongelé. Affichez le prix au kilogramme pour la vente au poids, et le prix à l’unité de mesure applicable le cas échéant, sans ambiguïté et rattaché à l’espèce exposée.
| Mention à l’étal | Source dans l’arrivage | Conseil de rédaction |
|---|---|---|
| Dénomination commerciale | Doc. mareyeur, à vérifier sur la liste française | En première ligne, sans nom régional non autorisé |
| Nom scientifique | Doc. mareyeur | En italique ou entre parenthèses, orthographe exacte |
| Méthode de production | Doc. mareyeur | « Pêché » ou « Elevé », sans abréviation |
| Zone et sous zone FAO | Doc. mareyeur, note de criée | Traduire « 27.VIIIa » en mention lisible |
| Engin de pêche | Doc. mareyeur | Catégorie prévue par le 1379/2013 |
| Décongelé | Procédé interne, doc. fournisseur | Visiblement accolé à la dénomination |
| Prix | Système de caisse | Non équivoque, unité lisible, rattaché au bon lot |
Vérifier la dénomination commerciale avant d’écrire quoi que ce soit
La dénomination commerciale n’est pas libre: elle doit figurer sur la liste fixée pour la France par l’arrêté établissant les dénominations commerciales autorisées et correspondre au nom scientifique réellement livré. Le document du mareyeur fournit ce nom scientifique: c’est la clé de vérification.
Un nom scientifique, plusieurs dénominations possibles
Un nom scientifique peut admettre plusieurs dénominations autorisées. Exemple: Pollachius virens s’affiche « Lieu noir » en priorité, « Saithe » étant possible selon la liste. Choisissez une dénomination autorisée et conservez-la pour la cohérence rayon. Autre cas: Merluccius merluccius est « Merlu » ou « Colin européen », tandis que Merluccius hubbsi n’est pas ce merlu: affichez la dénomination correspondant à l’origine, par exemple « Merlu d’Argentine » si autorisée par la liste.
Les noms régionaux qui ne figurent pas sur la liste
Les appellations régionales séduisent, mais hors liste elles ne peuvent pas servir de dénomination commerciale. Le bar Dicentrarchus labrax l’illustre: « bar » ou « loup » sont listés; « bar de ligne » n’est pas une dénomination mais un argument d’engin. Pour un élevage, « bar de ligne » est faux et mène à avertissement puis amende en cas de répétition. Écrivez la dénomination autorisée et ajoutez l’engin conforme, rien d’autre.
Pour un pas à pas sur les mentions et leurs pièges, relisez les obligations d’affichage issues du 1379/2013 et confrontez vos pratiques aux exemples concrets de dix erreurs d’affichage qui coûtent un procès-verbal.
Traduire une zone FAO en mention lisible à l’étal
Le document du mareyeur exprime la zone en code: FAO 27 avec sous zone ou division ICES, FAO 37 pour Méditerranée, etc. Le client n’a pas à lire un code: rédigez une mention claire, conservant la précision exigée, surtout pour la 27 Atlantique Nord Est.
Zone 27 et divisions du Conseil international pour l’exploration de la mer
Pour la FAO 27, l’information au consommateur en France exige la sous zone ou la division. Traduisez « FAO 27.VIIe » en « Atlantique Nord Est, division VIIe », « FAO 27.VIIIa » en « Atlantique Nord Est, division VIIIa », et « IVc » selon la même logique. Mentionner seulement « Atlantique Nord Est » est insuffisant et expose au relevé d’infraction lors d’un contrôle DGCCRF produit par produit.
Les sous zones que la Manche et le golfe de Gascogne imposent
Manche et golfe de Gascogne relèvent des divisions VII et VIII de la 27. Vous pouvez préciser entre parenthèses l’aire géographique utile à la vente, par exemple « division VIIe (Manche ouest) ». L’essentiel: ne pas perdre la sous zone ou la division lors de la recopie. En Méditerranée, quand un code régional précis figure, appliquez la même règle: code conservé, libellé lisible.
Écrire l’ardoise ou imprimer l’étiquette
Une étiquette lisible depuis la vitre évite les questions et limite les erreurs. Un ordre de mentions stable rassure le client et facilite la relecture. Séparez visuellement la partie réglementaire des arguments commerciaux, sans insérer de slogan entre dénomination et nom scientifique ni entre zone et engin.
Hauteur de caractères et lisibilité depuis la vitre
Choisissez des caractères lisibles à la distance de vente et résistants à l’humidité. Sur ardoise, écriture régulière, contraste marqué, pas d’abréviations ambiguës. Sur étiquette imprimée, évitez les corps trop fins; réservez l’italique au nom scientifique. Gardez la même hiérarchie: première ligne dénomination, puis nom scientifique, puis méthode et zone, enfin engin et « Décongelé ».
Le prix au kilogramme et le prix à l’unité de mesure
Affichez le prix au kilogramme pour les ventes au poids. Si vous vendez à la pièce ou à la douzaine, ajoutez le prix à l’unité de mesure applicable, sans ambiguïté, rattaché au produit exposé et au bon lot. Évitez les confusions de chevalet: un prix visible ne suffit pas s’il n’est pas clairement relié à l’espèce et à l’étiquette correspondante. En cas de doute, regroupez étiquette et chevalet au plus près du lot.
Pour choisir entre ardoise manuscrite, imprimante d’étiquettes ou affichage numérique, pesez lisibilité, cadence et maintenance. Un comparatif opérationnel est détaillé dans les formats d’affichage au rayon marée.
Fermer la boucle: relecture croisée et preuve d’affichage
Avant l’ouverture, relisez à deux, espèce par espèce, étiquette en main et document du mareyeur sous les yeux. Vérifiez dans cet ordre: nom scientifique exact, dénomination commerciale autorisée correspondante, méthode de production, zone avec sous zone si 27, engin, mention « Décongelé » si applicable, rattachement du bon prix au bon lot.
- Checker le nom scientifique et la dénomination commerciale autorisée.
- Contrôler zone FAO et sous zone, puis l’engin.
- Valider la mention « Décongelé » le cas échéant.
- Relire le prix et son unité, rattachés sans ambiguïté.
Prenez ensuite une photo horodatée de l’étal complet, vitre ouverte pour la lisibilité, en cadrant chaque étiquette. Cette photo, scellée et archivée par jour et par rayon, est la seule pièce qui prouve, des semaines plus tard, ce qui était réellement affiché ce matin-là lors d’un contrôle. Pour l’archivage scellé, la génération d’étiquettes validées et l’audit mensuel, voyez les formules Rayon et Etal dans Mareyon.
Pour comprendre le déroulé d’un contrôle in situ, heure par heure et document par document, consultez le pas à pas d’un contrôle DGCCRF au rayon marée. Calibrez votre procédure d’ouverture sur ces séquences.
Synthèse
Une étiquette juste recopie les documents d’arrivage, dans le bon ordre de lecture, après vérification de la dénomination commerciale autorisée contre le nom scientifique et traduction rigoureuse de la zone FAO. L’écriture claire de la sous zone pour la 27, l’engin exact, la mention « Décongelé » et un prix non équivoque ferment la porte aux erreurs classiques. La relecture croisée puis la photo horodatée de l’étal constituent votre preuve opposable. Pour fiabiliser ces gestes à chaque ouverture, la validation bloquante et l’archivage scellé intégrés à Mareyon sécurisent votre rayon sans ajouter de paperasse.
Faites regarder votre étal avant la DGCCRF
Envoyez deux photographies de votre étal d’hier matin et la liste des espèces que vous exposez habituellement. Vous recevez en retour, mention par mention, ce qui manque et ce qui est mal formulé sur vos étiquettes.
La démonstration de Mareyon se fait sur votre propre arrivage, avec vos mareyeurs et vos formats d’étiquettes.
L’auteur
Jimenez Julien
Jimenez Julien a passé onze matinées de montage d’étal dans des rayons marée de supermarchés indépendants et des poissonneries artisanales avant d’écrire la première ligne de Mareyon. Il tient à jour le référentiel des dénominations commerciales autorisées et accompagne lui même chaque rayon lors de sa première semaine de saisie d’arrivage.
Dans le Carnet d’Arrivage
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